Je t’ai rêvé ; Francesca Zappia.

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Auteur : Francesca Zappia
Editions : Robert Lafont (collection R)
Nombre de pages : 442 pages
Prix : 18,50 euros
Date de sortie : 12 novembre 2015
Genre : Jeunesse
Ma note : ★★★★★ (17/20)

test3 résumé

La folie est son quotidien, rien ne la préparait à être « normale ».
– On joue au jeu des vingt questions ?
– OK , mais c’est moi qui les pose cette fois.
– Ça marche.
– Si je devine en moins de cinq questions, je serai vraiment déçue.
Il esquisse un sourire et répond :
– Ne m’insulte pas.
– Est-ce que tu es vivant ?
– Oui.
– Tu habites ici ?
– Oui.
– Je te connais ?
– Oui.
– Est-ce que je t’ai rêvé ?

test2 avis

La première fois que j’ai entendu parler de ce roman, c’était en traînant sur Amazon. Je réfléchissais à ce que je voulais demander comme livre à Noël, j’ai été attirée par la couverture, et le résumé a achevé de me convaincre : en effet, ici, on cause schizophrénie. J’ai déjà lu un livre sur le même thème en 2014, à savoir Contrecoups de Nathan Filer, qui m’avait on ne peut plus marquée. Alors, forcément, voir que ce sujet était à nouveau traité… Lorsque j’ai vu qu’il était disponible à la chronique dans le cadre de l’Explo Book de Lecteurs.com, j’ai sauté sur l’occasion ! De ce fait, je remercie chaleureusement le site sus-cité ainsi que les éditions Robert Lafont pour l’envoi de ce bouquin tant désiré !

Dés les premières pages, on se retrouve embarqué dans le fil d’un récit étrange. Un style narratif simple, à la première personne ; une jeune fille prénommée Alexandra, toute enfant lors du prologue. C’est une gamine fascinée par les homards rougeoyants qui s’entassent dans l’aquarium de son super marché, et qui demande à un garçon de son âge qu’elle appelle « Yeux-Bleus » de l’aider à les libérer. Seulement, sa mère n’est pas de cet avis, alors elle éloigne sa fille de l’aquarium, sans qu’elle n’ait pu demander son prénom à son ami de quelques minutes. Ce souvenir, dont on lui a dit qu’il n’était qu’hallucination, il va la hanter des années encore, jusqu’à son entrée dans un nouveau lycée, puisqu’elle a été virée du précédent… La schizophrénie lui ayant porté préjudice.

De là, l’histoire commence véritablement : Alex peut respirer, un peu mieux que lorsqu’elle suivait le cursus de son ancien établissement. Là-bas, tout le monde avait fini par apprendre sa pathologie, qu’elle s’évertuait pourtant à cacher du mieux qu’elle le pouvait, afin d’éviter les regards de travers et la solitude. Car c’est bien connu, les jeunes sont cruels, et ont peur de ce qui s’avère différent d’eux-mêmes. Mais ici, dans son nouvel environnement, c’est une reprise à zéro qu’elle peut se permettre : se faire des amis, sortir, profiter de la vie comme l’adolescente « normale » qu’elle voudrait être. Tomber amoureuse, aussi… C’est ce pour quoi elle se bat, ce pour quoi elle combat sa maladie, jour après jour. Elle savoure ses réussites, encaisse ses échecs, essaie d’oublier ce qui dort en elle et la hante au quotidien.

Parce que son quotidien, il est compliqué ; son quotidien, c’est ne pas savoir différencier réalité et hallucinations, tant certaines paraissent réelles et ancrées dans le vrai. Comme le récit est à la première personne, on est plongé dans les pensées d’Alex, dans ce qu’elle voit, dans ce qu’elle entend. Nous aussi, on est pris au piège de ses rêves éveillés, et l’on ne sait pas toujours ce que l’on doit croire ou ne pas croire. Plusieurs fois, je suis complètement tombée dans le panneau, je suis tombée de haut, aussi… Et c’est ce que j’ai aimé : cette immersion totale, grâce à la plume on ne peut plus fluide de Francesca Zappia, et son histoire envoûtante qui m’a tenue éveillée jusqu’à six heures du matin la nuit du Nouvel An, parce que je refusais de fermer le livre sans l’avoir terminé…

Il y a bien toute une facette du roman qui m’a dérangée, qui m’a parue trop invraisemblable, trop « too much » et pas suffisamment crédible. Il s’agit de toute la partie qui dérive en quelques sortes sur une enquête, à propos de tel personnage du lycée, et puis un autre et puis sa mère, les recherches qui vont s’en suivre sur eux, l’infiltration dans la maison du premier, tout ça. J’ai trouvé que, pour des adolescents, c’était un peu trop. Surtout que l’on n’est absolument pas dans un bouquin d’espionnage ou de quoique ce soit dans ce genre-là. Alors… Oui, dommage, vraiment.

Cependant, ça ne retire rien au fait que j’ai adoré toute la psychologie des personnages, les pathologies que j’ai découvertes, je pense notamment à l’alexithymie -ceux qui ont lu comprendront, héhé- que j’ai trouvé touchante et fascinante -il faut dire, moi et les troubles psychologiques quels qu’ils soient me passionnent. J’ai aimé la romance qui se profile, j’ai aimé que bien des passages du récit témoignent tout de même d’une certaine réalité. Et j’ai aimé que ladite romance soit originale, pas banale, et commence de façon tout à fait inattendue voire carrément hilarante au vu des sales coups qui sont faits, pour dériver lentement mais sûrement vers quelque chose de différent… de plaisant et qui fait un peu rêver, quand même. Il faut le dire, j’adore le personnage de Miles, que l’on découvre très très tôt, ainsi que toute la clique d’amis d’Alex. Ils sont géniaux, particuliers chacun à leur façon. Je n’ai jamais pu m’empêcher de sourire à leur petit jeu répétitif, celui des vingt questions, que j’affectionne moi-même particulièrement dans la vraie vie.

Parfois, j’ai pleuré, souvent, j’ai ri, quoiqu’il en soit j’étais tenue en haleine et, une fois venue la fin, j’étais… perturbée. Incapable de savoir ce qui était vrai ou ne l’était pas, dans ce récit. Certaines choses sont clairement dites comme fausses ou réelles, mais d’autres… J’avoue que le doute demeure, la fin est on ne peut plus ouverte et ça peut être tout aussi convenant que frustrant. En tout cas, je pense bien me le relire un jour, en sachant désormais ce qui est vrai et ne l’est pas pour, peut-être, voir les indices qui auraient pu me mettre sur la voie…

Les +
– le réalisme de la schizophrénie
– les personnages, originaux, attachants, touchants
– l’immersion totale dans le récit qui nous permet d’être bernés nous aussi
– les révélations choc sont bien menées, bien ficelées, pourtant inattendues

Les –
– tout le côté « enquête policière » menée par les adolescents, trop peu crédible

test4 extrait

« Einstein a dit « La folie c’est de toujours faire la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Je continuais à prendre des photos en espérant que je repérerais les hallucinations rien qu’en les regardant. Je me livrais à mes contrôles de périmètre en espérant finir par pouvoir me balader sans éprouver de bouffée de paranoïa. Chaque jour, j’espérais que quelqu’un me dirait que je sentais le citron. D’après la définition d’Einstein, j’étais folle. »

livraddict

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2 réflexions sur “Je t’ai rêvé ; Francesca Zappia.

    • Je pense qu’ici, la fin ouverte est nécessaire, cela dit… Etant donné le sujet et la tournure du roman. Une fin fermée sonnerait trop faux, je trouve, elle tomberait comme un cheveu sur la soupe. Enfin, de mon avis !

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