U4 : Yannis ; Florence Hinckel

Fiche d’identité ;

J’ai été écrit par Florence Hinckel et publié aux éditions Syros-Nathan, en août 2015. Il est vrai, je suis plutôt récent ! J’ai 401 pages à raconter et, si je t’intéresse, tu me trouveras au rayon jeunesse sur les étagères de la science-fiction. J’ai trois compagnons nommés Stéphane, Koridwen et Jules, ainsi qu’une suite, Contagion, si jamais tu veux jeter un œil !
Synopsis ;

Yannis vit à Marseille. Ses parents et sa petite sœur sont morts. Maintenant, il voit leurs fantômes un peu partout – peut-être qu’il devient fou? Quand il sort de chez lui, terrifié, son chien Happy à ses côtés, il découvre une ville prise d’assaut par les rats et les goélands, et par des jeunes prêts à tuer tous ceux qui ne font pas partie de leur bande. Yannis se cache, réussit à échapper aux patrouilles, à manger…

Mais à peine a-t-il retrouvé son meilleur ami que ce dernier se fait tuer sous ses yeux. Il décide alors de fuir Marseille et de s’accrocher à son dernier espoir: un rendez-vous fixé à Paris…

Mon avis ;

Il y a un an, la série faisait fureur, et j’avais peu hésité à vrai dire avant de me procurer l’un des tomes, un peu au hasard. J’ai, je l’avoue, beaucoup hésité avec Koridwen, mais finalement c’est sur ce cher Yannis que mon intérêt s’est porté. Je trouvais l’idée de base, cette collection de quatre romans compagnons écrits par quatre auteurs et retraçant le parcours de quatre personnages en simultanée on ne peut plus originale, carrément inédite, et j’avais envie de voir ce que ça donnait. Et puis, du post-apocalyptique, quand on connaît mon amour pour ce genre littéraire au même niveau que la dystopie… Bon, c’était évident que j’allais craquer !

C’est peut-être idiot, ce que je vais dire, mais ça me réconforte qu’on ait tous les même blessure. Qu’on soit tous orphelins. Ca nous fait une raison de survivre, ensemble.

Mise en contexte : un virus a ravagé la population, tous les adultes y sont passés ; les plus jeunes aussi, il n’y a qu’une petite tranche d’âge qui a survécu, qui est mystérieusement passée entre les mailles du filet. Les adolescents se retrouvent orphelins, sans leur famille, sans leurs amis, sans rien d’autre qu’eux-mêmes pour survivre. Survivre ; quand dehors, c’est la loi du plus fort, le crime à toutes les portes, dans tous les rues : on pille les magasins, on tue pour de la nourriture, de l’essence, ou pour ne pas être dérobé.

Dans cet environnement où subsister simplement devient une épreuve à hauts risques : Yannis. Un adolescent qui a vu ses parents et sa petite sœur mourir du virus sous ses yeux, impuissant. Il reste enfermé dans sa chambre, à profiter des dernières parcelles de connexion wifi que l’apocalypse lui accorde encore. Dans la pièce d’à-côté, les corps de sa famille en décomposition (charmant tableau, n’est-ce pas ?). Lui, il joue. Warriors of Time, WOT pour les intimes — ce jeu en ligne sur lequel il a passé des heures et des heures auparavant, lorsque le monde tournait encore rond.
C’est sur ce jeu, avant que toute connexion ne soit définitivement rompue, qu’il recevra le message qui lui offrira la chance, l’espoir fou de s’en sortir : un rendez-vous à Paris, pour remonter le temps

Dans mon dos, un immeuble en flammes. Devant moi, la mer qui vomit les cadavres. Droit devant sur une colline, la Bonne Mère immobile et dorée, celle qui est censée protéger les Marseillais. A mes pieds, mon chien bâtard, croisement de border collie et de race inconnue. Dans ma tête, l’idée d’une horloge à Paris, dont j’ignore tout. Et sur mon cœur, l’image de ma famille.

J’ai plutôt bien apprécié le personnage de Yannis dans son ensemble, sa façon de réfléchir, et puis aussi le fait qu’il soit comme « hanté » par les fantômes de sa famille qui ne trouve pas la paix. C’était symbolique, ç’avait quelque chose de touchant, et j’avais envie de savoir comment ç’allait tourner, entre lui et ses démons intérieurs parés des masques de ses proches les plus intimes. J’ai aimé, aussi, la façon dont les personnages des quatre romans se croisent, se rencontrent, se séparent, la façon dont leur destin converge et diverge d’une façon ou d’une autre. On en apprend suffisamment sur chacun d’eux pour se faire une idée de ce qu’ils sont ; assez, aussi, pour avoir envie d’en savoir plus en lisant les tomes qui leur sont chacun dédiés. Pour ma part, celle qui m’a le plus tapé dans l’œil est sûrement Koridwen… Ne serait-ce que parce qu’elle est Bretonne, héhé !

J’aurais peut-être voulu un peu plus de réalisme à certains passages, cela dit, comme après la mort de son meilleur ami. Yannis paraît alors ne rien éprouver, il n’y songe plus jamais, et j’ai trouvé ça… Dérangeant. C’aurait pu être un fantôme de plus, c’aurait pu être exploitable, alors pourquoi l’auteure ne l’a pas fait ? J’avoue avoir été un peu déçue à ce moment-là, puisque c’était justement le petit détail dans le synopsis qui m’a fait me jeter sur ce tome-ci plutôt que sur Koridwen.

Je te sens en quête de quelque chose que tu ignores toi-même. Toi, peut-être. Mais tu sais, on ne se trouve pas en réalité. On se construit. Il suffit d’avoir une image de soi-même à atteindre. Sais-tu qui tu veux devenir ?

La plume de Florence Hinckel est agréable à lire, les pages défilent sans qu’on les voit trop passer, ça coule tout seul, simplement, sans accro. U4 : Yannis m’a souvent tenue en haleine, parfois choquée, parfois attendrie. Il y a une dose de violence presque grisante, une dose de tendresse réconfortante, un juste milieu que l’on trouve rarement dans le genre de la dystopie ces derniers temps, je trouve. J’avoue que la fin, cependant, m’a un peu laissée… perplexe. Je comprends la nécessité de laisser un trouble, peut-être ; un besoin scénaristique pour donner envie aux lecteurs de lire les autres tomes pour savoir vraiment de quoi il retourne mais, à mon sens, c’aurait pu être amené plus finement, plutôt que d’avoir l’air de tomber comme un cheveux sur la soupe. Dommage !
Ça reste tout de même une bonne lecture que je ne regrette pas, même si elle aurait pu être meilleure à quelques détails près.

Top & flops ;
c’est top ; un bon roman post-apocalyptique comme on les aime, un concept original de livres compagnons par quatre auteurs différents, une intrigue qui tient en haleine, des rebondissements, des relations exquises entre certains personnages mais ça flop ; le manque de réalisme sur des choses auxquelles on aimerait voir accorder plus d’importance, une fin décevante qui laisse sceptique…
15/20 ; lecture au top !
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2 réflexions sur “U4 : Yannis ; Florence Hinckel

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