The Book of Ivy ; Amy Engel.

Fiche d’identité ;

J’ai été écrit par Amy Engel et publié aux éditions Lumen, en mars 2015. Je suis un peu moins de 350 pages à dévorer et, si je t’intéresse, tu me trouveras au rayon jeunesse sur les étagères de la science-fiction. Je suis le premier tome d’une duologie, et la fin de mon histoire est racontée dans The Revolution of Ivy, si jamais tu tombais sous mon charme !
Synopsis ;

Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.

J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.

Née pour trahir et faite pour tuer… Sera-t-elle à la hauteur ? À la fois histoire d’amour torturée, thriller psychologique et dystopie cruelle, The Book of Ivy vous entraîne dans un compte à rebours haletant dont vous ne sortirez pas indemnes.

Mon avis ;
Eh oui, une énième dystopie, parce que c’est la mode, encore et toujours ; mais celle-ci me fut chaudement recommandée par les documentalistes de mon lycée lorsque j’y étais encore. Alors, je leur ai fait confiance les yeux fermés lorsque je me suis lancée dans la lecture de ce premier tome… et que je l’ai quasiment dévoré !
L’histoire de fond est un peu banale : le monde tel que nous le connaissons s’est effondré lors d’une guerre nucléaire, provoquée certainement par les hommes et leur inéluctable avidité de pouvoir. Ici, dans la ville où l’action du roman prend place, deux familles furent opposées, et la société est arrangée sous l’ordre du clan Lattimer, le clan gagnant, aux dépends du clan perdant, les Westfall. Chaque année, les enfants de chaque clan doivent épouser l’un de ceux du clan adverse : en mêlant les noms et les sangs, on espère conserver la paix durement gagnée.C’est dans cet environnement qu’évolue Ivy Westfall, seize ans et fille du fondateur. Élevée par son père et sa soeur, Callie, dans l’unique but de haïr le clan ennemi et de désirer leur chute pour redorer le blason de sa famille, elle est droite, fière et déterminée : c’est à elle d’épouse Bishop Lattimer, c’est à elle de le tuer. Sa mission est claire, paraît sans embûches aux premiers abords. Il faudrait seulement que Bishop, du haut de ses dix-huit ans et du plein-pouvoirs de son père, soit l’un de ces hommes qui se croient tout permis, supérieurs et méprisants, et tout serait parfait… Seulement, si c’était aussi simple, il n’y aurait pas d’histoire, pas vrai ?

Mais j’ai appris à la dure qu’on ne choisit pas la personne qu’on aime. C’est l’amour qui nous choisit, qui se fiche bien de ce qui est pratique, facile ou planifié. L’amour a ses propres projets et tout ce que nous pouvons faire, c’est le laisser agir à sa guise.

On dit partout que la romance est prévisible : bien sûr qu’elle l’est, elle n’est jamais cachée, à aucun moment. Et pourtant, elle est bien menée, s’installe progressivement, à mesure que les barrières de la méfiance tombent les unes après les autres, et c’est une chose que j’ai aimée. Rien n’est précipitée dans leur relation, qui se met en place à coup de petites attentions, de conversations banales et de moments simples.
Tout autour de ces sentiments qui prennent peu à peu le pas sur le devoir, Ivy doute, Ivy tremble, Ivy change : entre son cœur et son esprit, l’amour et la loyauté, elle va devoir choisir… Et c’est là que ce personnage m’a touchée ; lorsqu’elle a commencé à devenir faillible et incertaine, lorsque son attitude a pris un nouveau tournant, lorsque sa détermination a commencé à s’effilocher et que les questions l’ont envahie. Un dilemme humain, terrible, que l’on vit avec elle, d’une certaine façon.

J’ai tout de même moins apprécié le personnage de Bishop, peut-être trop parfait, le genre prince charmant patient, calme, intelligent, rebelle mais juste ce qu’il faut pour ne pas froisser tout en ayant ses propres idéaux. A voir si ce n’est qu’une façade que le deuxième et dernier tome se chargera de démonter, ou si mon opinion sur ce personnage demeurera inchangée jusqu’à la fin.

La vie n’est qu’une plaisanterie de mauvais goût après une autre, je commence à le découvrir. Car c’est injuste de souffrir autant une fois qu’on a enfin obtenu ce qu’on souhaitait.

En tout cas, j’ai adoré les enjeux du roman en lui-même : il y avait toute une part qui m’a parue comme portée par un brin de pensée féministe, à chaque fois que le rôle de la femme dans la société était remis en cause. Elles sont peu à travailler, n’en ont pas vraiment besoin, on les préfère à la maison, occupées à enfanter et à prendre soin de leur chez-elles en attendant le retour de l’homme au travail, et pourtant elles sont quelques unes, comme Ivy, à vouloir travailler et jouir pleinement de leurs droits de femmes — tant qu’elles le peuvent.
Du même coup, tous les enjeux moraux et même un peu philosophiques sur les bords m’ont plu. Le fait qu’il n’y ait pas non plus vraiment de « méchants » ou de « gentils » dans l’histoire. Ce sont deux clans, avec chacun leurs idéaux louables à leur façon qu’ils voudraient pour le bien de tous, seulement les moyens employés pour parvenir à leur fin diffèrent sans être tout à fait aux antipodes : pour sauver la majorité, il faudra forcément en faire tomber quelques uns au passage… Bref, un beau récit sur la nature humaine, dans son meilleur comme dans son pire.

Il y a aussi tous ces questionnements à propos de la famille, des proches, de ceux que l’on croit digne de confiance, capables de nous comprendre et de nous guider. Des histoires de loyauté, de liberté, de libre-arbitre aussi, du droit de trahir et de refuser si c’est plus moral que de plier et d’obéir. Jusqu’où peut-on aller pour une « noble cause » ? Est-ce que nous proches sont vraiment capables de savoir et de décider de ce qui est « le mieux » pour nous ? Peut-on leur accorder une confiance aveugle, parce qu’ils partagent notre sang et ont fait une part de ce que nous sommes ? Autant de questions que le récit soulève, au travers d’Ivy et de ses dilemmes intérieurs provoqués par la pression que son père et sa sœur font peser sur ses épaules d’adolescente…

Je ne suis aucune d’entre elles à présent. Je relève la tête et m’essuie les yeux. Fille. Épouse. Tueuse. Traîtresse. Ce sont toutes d’anciennes versions de moi. À partir de maintenant, je deviens une survivante.

Pour finir, je dirais que j’aurais peut-être voulu un peu plus d’informations sur la guerre qui a ravagé le monde et sur l’état dans lequel il en est ressorti, en bref sur l’environnement dans lequel les personnages évoluent. J’espère en apprendre davantage dans le deuxième tome, qu’il faut d’ailleurs que j’achète. Parce que mine de rien, le premier fut un véritable page-turner, et cette fin… On ne peut que vouloir la suite, ce n’est pas possible autrement !

Top & flops ;
c’est top ; la romance plutôt pas bancale, les enjeux moraux voire philosophique à propos du bien, du mal, de la loyauté et de la confiance, l’héroïne au fort caractère. mais ça flop ; l’époux trop parfait, le manque de précisions sur ce qu’il reste du monde dans l’environnement dystopique dans lequel on se trouve.
16/20 ; page-turner !
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10 réflexions sur “The Book of Ivy ; Amy Engel.

    • Disons que sa relation avec Ivy en rajoute sur le côté parfait qui m’a un peu agacée. Mais bon, j’ai bien aimé les voir tous les deux ensemble quand même, Bishop ne m’est pas non plus apparu comme un personnage rutilant au point d’être détesté ^.^

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