Le Tourment des Rois ; Gaëtan Noël

Fiche d’identité ;

Auteur ; Gaëtan Noël
Editeur ; Autoédition
Parution ; juillet 2017
Nombre de pages ; 513 pages
Genre ; fantasy, fantastique
Prix ; 12,65€ en format broché sur Amazon
Synopsis ;
« Aujourd’hui, alors que mon royaume se prépare à chuter devant la Sainte Armée, alors que tout ce que j’ai construit s’apprête à être détruit… j’écris mes derniers mots en tant que roi, en que monstre damné.

Il est temps de tout révéler.

En ce premier livre de mes mémoires, voici rassemblés mes plus ténébreux souvenirs de prince héritier. Héritier?? Malheureusement, il ne fut pas si simple de monter sur le trône qui m’était destiné. Mon histoire vous apprendra à quel point se battre pour une idée peut tout vous enlever : trône, votre avenir… jusqu’à votre propre vie.

Oui… Rien ne fut épargné à ceux qui marchèrent à mes côtés. Reniant notre humanité pour mieux la sauver, nous avons tout abandonné pour l’idée qui nous animait.

Et le sang qui coule dans mes veines, ce sang maudit dont vous n’imaginez ni l’existence ni le sens… c’est avec effroi que vous découvrirez à quel point il a édifié le monde dans lequel vous vivez.

Alors, vous qui osez lire… saurez-vous marcher à mes côtés, une ultime fois ? Saurez-vous embrasser… le tourment des rois ? »

Mon avis ;

Je crois que je vous dois un aveu : la fantasy et moi, ça n’a jamais beaucoup accroché. J’ai certes adoré le premier tome de La Passe-Miroir, je n’ai jamais été transcendée par les sagas Ellana ou Ewilan. Mes lectures favorites s’ancrent bien souvent dans le monde réel : ma came, c’est le tranche de vie, le contemporain, la jeunesse désabusée et les récits LGBTQ+. Alors, quand sur la plateforme SimPlement.pro ce livre m’est passé devant et que sa couverture — simple, oui, mais ô combien sublime, je trouve — a attiré mon œil, je n’attendais pas grand chose. Et puis, il y a eu le synopsis… Il en dit très peu, mais il donne déjà le ton : un avant-goût de la plume de l’auteur, et des secrets, des mystères, de la violence et de la complexité qui berce le récit. Je ne vais pas mentir : j’ai hésité. Et puis, on connaît la rengaine : foutu pour foutu

Avant toute chose, je souhaite faire une remarque toute particulière à propos des finitions du roman ; la mise en page notamment, et le soft touch de la couverture (mais si, vous savez, ce petit côté « velouté » absolument exquis). Le roman pourrait tout aussi bien sortir tout droit de librairie, l’illusion est parfaite ! Pour avoir lu plusieurs romans auto-édités, c’est la première fois que les codes de mise en page des romans d’éditeurs sont respectés à la lettre. Je ne sais pas quel site a été utilisé pour imprimer un objet-livre d’autoédition de cette qualité, mais je ne manquerai pas d’aller chaparder quelques informations…

A défaut de livres objectifs et rigoureux, je me contentais de ce ramassis de mensonges mal écrits pour découvrir le passé de mon royaume. Ma dynastie n’avait jamais eu la réputation d’être juste et bienveillante : l’on préférait alors broder de fabuleuses légendes et oublier les bains de sang, les assassinats et toutes les injustices dont un conte de fées ne peut se targuer.

Concernant le récit, et sans vous en dire trop, l’on se retrouve plongé dans une narration à la première personne du point de vue d’Hydan, prince héritier de la terre d’Hydolia — respectée, non ; crainte par la faute de son roi, Horden, sans foi ni loi, et à son armée qui saccage, détruit, terrasse. En conflit permanent avec son père le Roi, enlisé dans sa vision chaotique et désastreuse d’un Royaume qui n’a que faire de son Peuple, lui, Prince qui montera bientôt sur le trône, espère faire changer les choses : à son échelle déjà, il aide les petites gens ; proche du peuple il gagne leur confiance, leur respect, leur gratitude — tout pourrait être simple, mais alors, il n’y aurait pas d’histoire, pas vrai ?
Hydan va découvrir à ses dépends ce qu’incombent son titre, son rôle, ses responsabilités ; le poids de ses décisions, l’ombre et la lumière qui demeurent en chacun — il découvrira aussi que l’ennemi, l’allié ne viennent pas toujours d’où on les attend. Que le monde n’est ni noir, ni blanc, mais tout en nuances de gris (et je vous passe la référence), et que son monde reste encore à faire, son histoire à écrire…

J’imagine qu’on l’aura sans mal compris : j’ai aimé. Non : j’ai adoré. Dès les premières lignes, les premières pages, j’ai su, qu’importait alors le récit en lui-même, que ce roman me plairait de par son style. La prose lyrique est à tomber par terre, les rimes à chaque phrase rythment les mots, comme une mélodie souvent tragique. J’ai été subjuguée par tout ce qui transpirait du récit, comme une lettre ouverte écrite par Hydan et à qui voudrait l’entendre : il y avait mille espoirs d’un enfant fauchés aux pieds, de la colère, de la douleur, de la force, du courage, de la rage, de la tendresse parfois ; je me sentais terriblement impliquée dans toutes les épreuves que le Prince traversait. Plusieurs fois, il m’a fallu poser le roman, parce que l’émotion était trop — je crois avoir plusieurs fois maudit l’auteur de la tourmente dans laquelle il me plongeait !

Je n’ai pas souvenir de m’être ennuyée une seule seconde : les péripéties s’enchaînent, les dialogues sont plutôt bien écrits, souvent profonds, et les personnages nombreux (et pourtant, on s’y retrouve sans mal !), complexes et attachants — ou certains détestables, mais j’imagine que c’est le pari gagné de l’auteur. Petite note particulière à l’attention entre autres de Melusy et Hodanir ; guérisseuse et maître d’armes pour lesquels j’ai beaucoup d’affection et auxquels je porte un intérêt tout particulier ; l’envie d’en savoir terriblement plus à propos de Melusy et de tous les mystères qui l’enveloppent.

La fin, quant à elle… La fin, mais quelle fin ! Je l’ai relue plusieurs fois, pour être certaine de tout bien saisir ; le flot de questions soulevé est sans pareil, et l’on voudrait posséder déjà la suite et s’y plonger dans l’instant… Ciel ! Ce que vous pouvez être cruel, Gaëtan…

Mon royaume. Définitivement. Vidé de toutes mes énergies, incapable de réaliser pleinement l’ampleur de la catastrophe qui s’abattait sur ma vie, je ne vis rien des premiers instants de notre chevauchée. Rien… Sauf la nuit, qui tombait.
Et derrière moi, loin dans le ciel de l’ouest, l’éclat mourant… de ma destinée.

Pour résumer ma lecture, j’irai au plus bref : il s’agit purement et simplement d’un coup de cœur, qui trône désormais fièrement dans ma bibliothèque, et je crois pouvoir dire sans mentir qu’à la sortie du deuxième tome, je me jetterai dessus sans une seule seconde d’hésitation. C’est sans conteste le genre de roman que j’aimerais glisser entre toutes les mains sceptiques à l’entente du mot « autoédition », si mal cotée, rien que pour leur montrer : dans le domaine, les perles existent.

C’est un récit qui trouble, qui dérange ; un récit qui tourmente, comment pourrait-on le dire autrement ? Je crois qu’il me restera gravé à l’esprit un bon moment, et je ne regrette pas une seule seconde d’avoir demandé à le chroniquer — et je remercie l’auteur pour la confiance qui m’a été accordée, et la chance qu’il m’a laissée de découvrir sa plume et son oeuvre ; un talent à n’en pas douter, à entretenir et partager.

Top & flops ;
c’est top ; les personnages complexes, attachants, troublants, un récit mature et des réflexions profondes, une plume sublime sous laquelle on ne s’ennuie jamais, mais ça flop ; rien à redire, mis à part la cruauté de l’auteur et mon désir ardent de lire la suite…
💕 ; coup de coeur.
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