La Passe Miroir, T1 : Les fiancés de l’hiver ; Christelle Dabos

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Auteur : Christelle Dabos
Editions : Gallimard Jeunesse
Nombre de pages : 518 pages.
Prix : 21 euros.
Date de sortie : 6 juin 2013
Genre : Jeunesse, Fantasy
Ma note : ★★★★★ (20/20)

test3 résumé

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

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La première fois que j’ai entendu parler de La Passe-Miroir, c’était via la chaîne booktube de Margaud Liseuse. Quand bien même elle en faisait une énorme éloge, il ne m’attirait pas plus que ça… Je trouvais certes la couverture sublime, le synopsis pas trop mal, mais j’étais d’avis que ce n’était pas pour moi. Vous savez, la fantasy, ce n’est pas trop ma copine, moi qui suis plutôt portée contemporain, tranche de vie, dystopie. Et puis, il a fallu qu’une amie, appelons-la M. (bah tiens, Margaud, M., ceci est un signe), me parle à nouveau de ce bouquin dés qu’elle en avait l’occasion, en m’incitant à le lire et à le mettre en tête de wishlist… pour que je craque. Bon, il faut dire que le fait d’avoir lu les trois premiers chapitres offerts par la maison d’édition m’a aussi convaincue du fait que je voulais la suite… Mais bref. Dés que j’en ai eu l’occasion, j’ai traîné à la librairie, et je l’ai acheté. Craquage impulsif d’anniversaire. Autant vous dire qu’il n’a pas fait long feu entre mes mains

A vrai dire, il peut être difficile de se positionner d’un point de vue temporel, dans le récit. Il y a ce petit côté steampunk, un peu ancien, un peu vieillot, comme si on était revenus à des valeurs anciennes sans toute la technologie dont on dispose aujourd’hui. Jamais, dans le récit, on ne parle de télévision, d’ordinateur, de téléphone portable, de 4G ou de Bluetooth. Par contre, on parle bel et bien d’un « Ancien Monde« , qui paraît être le nôtre. Alors, on suppose, on devine que tout ceci se passe dans un futur, plus ou moins lointain, mais surtout très différent. N’oublions pas qu’il s’agit de fantasy. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas compliqué de se représenter l’univers dans lequel nous évoluons, Christelle Dabos a une plume fluide et légère, elle sait mettre en place les décors sans souci d’aucune sorte.

Et, surtout, elle sait dépeindre des personnages principaux qui ne ressemblent pas à d’autres, qui ont leur propre personnalité, loin de tous les clichés habituels ; des personnages qui ont plus l’air d’anti-héros qu’autre chose. C’est le cas d’Ophélie, l’héroïne autour de laquelle toute l’histoire tourne. Elle n’est pas forcément la plus jolie, ni la plus extravertie, elle est maladroite et tout ce qu’elle touche paraît s’écrouler, et pourtant on ne peut s’empêcher de s’attacher à elle et à sa petite frimousse à lunettes. Ce qui la rend plus atypique encore, ce sont ses deux dons : elle lit le passé des objets qu’elle touche, et elle traverse les miroirs. C’est finalement tout ce qui causera des soucis à la belle, et tout ce autour de quoi tournera l’intrigue du bouquin.

Et puis Thorn… Thorn, ce type antipathique bien loin du prince charmant ou du bad boy habituel par excellence. J’avoue avoir eu beaucoup de mal avec lui, pendant à peu près les trois quarts du roman. Jusqu’à ce que l’on commence à comprendre vraiment ce qu’il veut, pourquoi il agit ainsi, ce qu’il se passe autour de lui…. Quoique je me suis surprise à douter de nouveau de lui en fermant le livre. Un peu frustrant, peut-être, mais d’autant plus engageant pour la suite. De même que le personnage de Bérénilde, qui m’a tantôt amusée, tantôt touchée, souvent agacée. Et puis Roseline, qui me plaît de plus en plus et apporte un peu de ce piquant dont on pourrait manquer. Aussi, surtout, Archibald, le grand, le mystérieux Archibald, ses secrets et ses grands airs doucereux. Tout, en lui, à commencer par son humour et son franc-parler, me plaît, me fait rire, m’intrigue avant tout.

J’ai pris grandement plaisir à découvrir la plume de cette auteure française, qui sait nous entraîner dés la première ligne pour ne plus nous lâcher jusqu’à la dernière. Elle est capable de nous emporter loin de notre réalité, ce qui ne peut pas faire de mal à l’heure actuelle. Je n’ai remarqué que quelques répétitions un tout petit peu lourdes, à deux ou trois passages du bouquin, mais autant dire que sur un total de 500 pages, ce n’est pas bien grave, ni très perturbant.

Les fiancés de l’hiver a remporté le premier prix du concours Premier Roman Jeunesse, et il y a de quoi ! Ce n’est pas un coup de cœur, même s’il le frôle de bien près. J’en attends énormément du tome 2 à vrai dire, et il attend d’ors-et-déjà dans ma PAL

Les +
– Des personnages atypiques, réalistes, impliqués
– Une intrigue complexe, recherchée, qui donne envie d’en savoir plus
– Un univers sublime et un peu déluré avec ses objets animés
– L’évolution des personnages entre le début et la fin du tome
– Les dernières pages, qui ouvrent vraiment l’appétit sur la suite.

Les –
– Pas véritablement de sublimes phrases à récupérer dans mon petit carnet, enfin trop peu à mon goût
– Ni véritablement de cliffhanger, mais ça ne prive pas d’une envie de lire le tome suivant.

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« Résignée ? Pour être résignée, il faut accepter une situation, et pour accepter une situation, il faut comprendre le pourquoi du comment. Ophélie, elle, ne comprenait rien à rien. Quelques heures auparavant, elle ne se savait pas encore fiancée. Elle avait l’impression d’aller au-devant d’un précipice, de ne plus s’appartenir du tout. Quand elle risquait une pensée vers l’avenir, c’était l’inconnu à perte de vue. Abasourdie, incrédule, prise de vertiges, ça oui, elle l’était, comme un patient à qui l’on vient de diagnostiquer une maladie incurable. Mais elle n’était pas résignée. »

livraddict

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La Quête d’Ewilan T01 D’un monde à l’autre, de Pierre Bottero.

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Auteur : Pierre Bottero
Edition : Rageot
Nombre de pages : 276
Date de sortie : 2003
Genre : Jeunesse, Fantasy
Ma note★★★★★ (18/20)

test3 résumé

Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l’empêcha de fermer les yeux et elle n’eut pas le temps de crier… Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d’arbres immenses.
– Te voici donc, Ewilan. Nous t’avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d’achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable…

test2 avis

On m’avait maintes et maintes fois conseillé cette série, et je la commence avec plaisir ! La lecture du premier tome a été vite expédiée, et il me tarde à présent d’emprunter la suite au CDI. Est-il nécessaire de présenter cette série on ne peut plus connue ?

On retrouve Camille, et son meilleur ami Salim, qui vivent tous deux dans des familles qui n’en n’ont pas grand chose à faire d’eux. Il vont en cours, rentrent chez eux, et soudainement l’ignorance devient le maître-mot de leur vie. Entre l’une qui a été adoptée et dont les parents ne font jamais preuve de la moindre marque d’affection, et l’autre dont la mère ne remarquerait même pas l’absence, nos deux protagonistes sont servis ! Seulement, un jour, Camille se retrouve seule et manque se faire renverser en traversant la chaussée, mais, soudainement, elle se retrouve en terres inconnus, face à une sorte de mante religieuse géante qui l’appelle Ewilan… De là, commence une quête au cours de laquelle il s’avère que Camille / Ewilan peut manier l’Art du Dessin, et transporter dans la réalité tout ce qu’elle imagine. Si c’est pas top, ça ! Top, jusqu’à ce qu’elle apprenne que d’étranges et dangereuses créatures de l’autre monde veulent sa peau…

N’étant pas une fanatique de fantasy, et n’en lisant que très, très, très peu, je pense tout de même que l’on a le droit, ici, au schéma type de ce genre de lecture : un protagoniste qui n’a jamais rien demandé à personne et qui se retrouve malgré lui emporté dans de grandes aventures pleines de danger et qui se révèle avoir un immense pouvoir à ce jour inégalé ; un compagnon de route qui tarde à trouver sa place dans l’histoire ; des liens familiaux compliqués ; des ennemis qui veulent la peau du héro principal parce qu’il est une trop grosse entrave à leurs plans de domination. Comme je l’ai dit, n’étant pas une habituée du genre, j’ai prit plaisir à le découvrir, et bien que la suite était souvent prévisible, j’aimais à voir comment nos personnages se dépatouillaient des situations dans lesquelles ils se fourraient.

Les pages se tournaient toutes seules, et je pense que c’est grâce au style d’écriture de notre cher et défunt Bottero, qui a une plume on ne peut plus agréable à lire. Il avait le talent pour créer des personnages attachants, et drôles en plus de ça. Même si parfois, Camille était un peu « too much« , je suppose que c’est chose nécessaire pour une fille qui détient l’équilibre de cet autre monde sur ses épaules d’adolescente…

Ma foi, une jolie entrée dans la matière, et une véritable envie de découvrir la suite !